Rio de Janeiro : un peu de culture générale (8 mars 2006)
''Rio de Janeiro'' se situe à l’intérieur d’une grande baie entourée de rochers et collines escarpées. La ville est tournée vers l’Atlantique qui lèche deux de ses plages parmi les plus fameuses du monde : Copacabana et Ipanema…
La ''Caipirinha'' est un cocktail typiquement brésilien, un mélange de cachaça (un alcool de canne à sucre), de citron vert (un citron entier en quartiers et écrasé dans le verre), de sucre (liquide ou en poudre) et de glaçons. Ça pourrait rappeler le ti’punch, mais en beaucoup moins sucré grâce à la présence plus importante du citron vert.
La culture générale a ses limites : on ne peut pas tout apprendre dans les livres ou sur un blog. ''Boire une caipirinha sur la plage d’Ipanema'', c’est une sensation intense que l’on ne peut découvrir que sur place. Et que nous nous sommes offerte hier en arrivant.
C’était notre rubrique : instant de pur bonheur…
Itinérance en prison (23 mars 2006)
Tout commence par une fouille en règle, en particulier de notre malle métallique contenant tout notre matériel de projection ! Puis, tout au long d’un couloir de cent mètres, cinq grilles s’ouvrent une à une, puis se referment derrière nous. Nous longeons les ateliers, fermés de cadenas, dans lesquels les prisonniers confectionnent des emballages de bonbons ou travaillent le textile. Pour pénétrer enfin dans une "salle de cours". Là, nous attendent une cinquantaine de personnes, pour l’essentiel des prisonniers.
Les salutations sont timides, sans que nous sachions qui, d’eux ou nous, sont les plus gênés… Bon nombre des détenus sont ici depuis des années, pour des condamnations allant jusqu’à quarante ans : attaques à mains armées, meurtres et autres… (Dans la voiture, en venant tout à l’heure, nous reparlions de cette phrase entendue plusieurs fois à Rio : «Si on tente de vous taxer de l’argent, ne résistez surtout pas, sinon ils tirent !». Aujourd’hui, nous venons partager ce moment avec eux ; dans d’autres lieux, nous aurions pu être leurs proies !!!)…
Ils attendent patiemment que tout soit installé. Puis, avant que nous commencions, l’un d’entre eux vient, au nom du groupe, nous lire un mot d’accueil en français ! Et nous leur projetons "Os herdeiros da Amazônia", la version brésilienne sous-titrée de notre film. Interrogation levée : quasiment tous semblent savoir lire…
L’attention est impressionnante, les regards sont scotchés sur l’écran, des sourires se dessinent sur les lèvres dans les moments les plus rocambolesques de l’histoire. Les applaudissements sont nourris à la fin de la projection et nous passons ensuite plus d’une heure à discuter avec eux. Les réactions et les questions fusent sur la vie de l’arrière-grand-père, sur la réalisation du film, sur notre expédition-tournage en Amazonie ou sur notre tour du monde. Avec complicité, envie ou provocation. L’un d’entre eux nous demande : «C’est bien gentil, tout ça, mais si vous touchez la fortune de votre ancêtre ou les 40.000 hectares de terres (takavoirlefilm, onvendledvd), que faites-vous ?», et il accepte en souriant notre réponse : «Nous continuons notre tour du monde, bien sûr…!». Autre question : «Et à la fin du tour du monde, que faites-vous ?». Geo lance notre fréquente réponse clin d’œil : «Nous réaliserons un film de cette expérience et débuterons un nouveau tour du monde pour le projeter !», mais se dispense de la chute habituelle : «Et nous reviendrons vous le projeter ici dans dix ans»…
L’heure du retour dans les cellules sonne et interrompt nos échanges. Les abraços sont chaleureux, émouvants. Un détenu nous offre un de ses dessins (quel coup de crayon !). d’autres écrivent un mot sur notre livre d’Or "Que l’étoile de la paix brille toujours dans le ciel de votre existence et que les anges volent toujours sur vos rêves", "Que Dieu vous bénisse, amis français", "Merci pour cette source que vous nous avez transmise"… Ils ont manifestement été touchés par cette histoire pleine de souffle et ce moment passé ensemble. Et nous donc !
Quand Elisabeth dei Ricardi nous a offert cette opportunité, nous avons sauté sur l’occasion. Directrice de l‘Alliance française de Londrina, elle mène une double action dans ce centre pénitentiaire qu’elle contribue ainsi à rendre "prison pilote" : une autre façon de considérer le prisonnier, en se préoccupant de sa réinsertion sociale, dans ce pays où les prisons s’apparentent plus souvent à des écoles du crime…
Se joignant à l’équipe d’enseignants et de travailleurs sociaux, Elisabeth dei Ricardi a lancé depuis 2004 le projet "Franco Brasil" avec l’ONG "Circulo das Artes" qui promotionne la diversité culturelle : au programme, d’abord des cours de français, puis du théâtre. Encadrés techniquement par une comédienne française, Elisabeth Gonçalves, une quinzaine de détenus ont monté un premier spectacle : "La porte des rêves". Un autre est en cours d’écriture…

Elisabeth dei Ricardi vient d’envoyer un mail à ces collègues : «Merci à Elisabeth et Georges d’avoir compris et appuyé le travail de l’Alliance de Londrina, dans le pénitencier, en ayant accepté d’y faire une projection. Une expérience très riche et pleine de sens». Chère Elisabeth, c’est le travail que vous faites ici qui est plein de sens. Un très grand merci de nous avoir invités à y participer… L’un des objectifs de notre tour du monde est de partager cet "héritage" que «l’on peut toujours aller jusqu’au bout de ses rêves». Alors, pouvoir le confronter à des hommes emprisonnés pour des années était un de nos désirs, bien sûr. Ce partage aura été d’une richesse particulière…
Rencontre avec le ministre ! (1er avril 2006)
Gilberto Gil nous a reçu lors d'une soirée de Gala à Florianópolis. Ministre de la Culture du Brésil, il a confirmé l'année de la France au Brésil pour 2008.
A cette occasion, Gilberto Gil, après l'avoir visionné, a levé tous les doutes sur l'ambiguité que créait ici le titre de notre film...
Et il a annoncé la création d'un prix "Os herdeiros da Amazônia" qui récompensera, chaque année, les meilleurs documentaires sur des aventures humaines...
La soirée s'est terminée par un dîner de gala où nous avons pu goûter le plat traditionnel catarinense : o peixe de abril.
Un vrai bonheur !

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(Encore de nombreuses félicitations de nos lecteurs cette année à cette annonce, qui comme celle de l'an dernier à la même date, est encore un poisson d'avril)
Porto Alegre, la bienvenue (5 avril 2006)
Nous voilà arrivés à Porto Alegre à la tombée de la nuit. Dans le centre, nous présentant une carte "Office du tourisme", un motard nous aborde à un feu rouge. (Nous n’avons pas complètement adopté la conduite brésilienne et on s’y arrête encore la nuit !) (sauf à Rio…). Nous nous garons et l’homme nous questionne : «Vous êtes touristes ? Vous cherchez un hôtel ?». Et il nous indique l’adresse de l’office du tourisme. Là, on est bluffé ! Jamais vu ça encore ! «Non, merci. Nous devons retrouver des amis et justement, nous cherchons une cabine téléphonique pour les joindre ?». Et il nous indique une station service proche. «Bienvenus à Porto Alegre et bon séjour chez nous…! » Quel pays !
Nous appelons Fernando : «Nous sommes arrivés, comment vient-on chez toi ?». «Bougez pas, je viens vous chercher !». Vingt minutes après, le voilà. Nos retrouvailles sont un plaisir et les abraços sont à la brésilienne ! Nous filons chez lui et nous racontons nos vies depuis que nous ne nous sommes pas vus. La chambre d’amis nous attend et il nous invite à prendre le temps d’une douche en attendant Renata, sa sœur, et Sonia, sa maman, qui arrivent plus tard. «Allons au restaurant, ce sera plus simple que de faire la cuisine» dit-elle. Et il sera évidemment impossible de payer ni même partager l’addition «Vous nous inviterez quand on viendra vous voir à Saint-Malo ou Perpignan !». Ce matin, nous quittons ces amis en nous donnant rendez-vous pour la projection de notre film après-demain.
Ah oui, "l’ami" Fernando est étudiant et nous le connaissions pour avoir juste discuté avec lui sur le parking d’un hôtel à Salto, en Uruguay, voilà trois mois. Il nous avait dit : «Si vous passez à Porto Alegre, venez à la maison !». Depuis, nous avions gardé le contact par mail. Voilà comment on devient amis au Brésil…
Cette fois, un "Institut d’art et d’humanisme" ! (7 avril 2006)
C’est cela le Studio Clio où nous projetons ce vendredi soir, "un espace voué au plaisir de la connaissance".
C’est ce que nous a offert Yves Mahé, le directeur de l’Alliance française de Porto Alegre. Du fait d’un déplacement à Rio, nous n’aurons pu le voir que le temps d’un dîner avant hier, l’occasion d’un "rodizio". Le rodizio est un service très fameux au Brésil : un buffet, généralement copieux, auquel vous allez vous servir à volonté d’entrées, de salades, de légumes, de fromages, etc. tandis que les serveurs passent de tables en tables et déposent, à votre demande, directement dans votre assiette, des grillades qu’ils transportent au fil de leurs épées…
Le Studio Clio a été fondé par Francisco Marshall dans une maison historique de Porto Alegre, capitale de l’état de Rio Grande do Sul, le plus au sud du pays. Seul ombre à la soirée, le peu de spectateurs mobilisés, malgré une interview radio réalisée l’après-midi (depuis la chambre de l’hôtel, une première "en direct" au Brésil pour nous qui ne parlons pas le portugais - il paraît que c’est très bien passé !!).
Mais le plaisir aura tout de même été grand : l’agencement du lieu est superbe, la décoration d’une grande élégance et l’équipement de la salle "multimédia" vraiment impressionnant. Jamais nous n’aurons vu "les héritiers de l’Amazonie" dans d’aussi belles conditions ! Qu’il est beau notre film !!!
Et à l’issue, la famille de Fernando, présente au grand complet (Renato, le père est rentré la veille de voyage), nous invite à nouveau. Sans commentaires !
Ça a l’air de la peur (10 avril 2006)
Nous disions un jour à un directeur d’hôtel sudaméricain qui nous invitait de façon très pressante à la prudence : «Il n’y a vraisemblablement pas plus de voleurs ici qu’à Paris». Il nous avait répondu : «Oui, mais il y a beaucoup moins de gens à voler» !!! La réponse nous avait bien plu !
Mais depuis notre arrivée au Brésil, autant vous le dire crûment, le discours sécuritaire nous gonfle sérieusement ! Omniprésent, lancinant, pour telle ville, tel quartier ou telle route, à propos des voleurs, des assassins, de la conduite des bus ou de celles des camions.
«Surtout pas d’appareil photo ou de caméra dans le quartier historique !». C’est peut-être raisonnable, mais on fait comment pour filmer ? Et puis il y en a qui vont nous réclamer des photos sur le blog !
«Vous achetez à manger à des marchands ambulants sur les trottoirs ? Moi, en 2 ans au Brésil, je n’ai jamais fait ça…». Oui, enfin, dans ces endroits, on ne consomme tout de même que du cuit (des fois, que par 35°, ils n’aient pas respecté la chaîne du froid) !
Nous nous promenons dans São Paulo avec une amie brésilienne. Soudain, elle nous dit : «Surtout, ne parlons pas en français, ils pourraient repérer que vous êtes des touristes !». Nous regardons autour de nous : que des passants à l’allure débonnaire. Mais le quartier est "classé" dangereux.
Evidemment, depuis le départ, nous sommes plutôt prudents, entre autres en évitant d’être ostentatoires. Et en deux ans à travers l'Amérique du Sud, il ne nous est rien arrivé (malgré notre Patrol et sa décoration qui ne nous rendent pourtant pas vraiment discrets !).
Mais que faire de cette pression omniprésente ? Réalité ou paranoïa ? Il y a bien sûr des deux… Nous n’avons pas envie de céder à la peur permanente. Car nous nous retrouvons en plein paradoxe. Nous qui pensons que notre société occidentale vit trop sous l’emprise de la peur, poussant à des comportements collectifs irrationnels (pas besoin d’épiloguer…!), nous voilà au bout du monde confrontés deci delà au même phénomène !
Bon, on ne s’éternise pas là-dessus, on avait juste envie de partager avec vous aussi autre chose que "tout baigne" dans notre tour du monde…
Notre première interview TV en portugais et la préparation d’une nouvelle projection nous attendent. On va se régaler ! Haut les cœurs…
Un gros coup de bonheur (14 avril 2006)
...après un passage éclair à São Paulo, ville qui ne nous aura décidemment pas plu.
Heureusement, Sylvie, la responsable culturelle de l’Alliance, avait envie d’accueillir notre film et notre périple. Mais impossible de programmer un documentaire destiné au grand public dans une mégalopole dotée d’un tel foisonnement culturel : les spectacles s’y comptent par centaines. Alors, elle nous a invités à projeter "Les héritiers de l'Amazonie" devant une cinquantaine de ses élèves et professeurs. "Merci de votre passage, de votre pèlerinage aux sources, de ce rêve vécu par vos ancêtres. Nos élèves ont été vraiment intéressés", nous a écrit un professeur… Ravis. Merci Sylvie.
Hier, nous sommes partis vers Rio par la route de la côte. Et là, le plaisir a commencé en profitant de la quiétude du paysage…
Dans l’après-midi, nous étions arrivés à ''Paraty'', un lieu parfaitement enchanteur. On nous en avait parlé plusieurs fois, alors nous nous étions réservés du temps pour goûter l’endroit, où nous nous dégotons une pousada toute simple et accueillante (pousada veut dire littéralement auberge et celle-là s’appelle Cajaíba - si vous venez ici, nous vous la recommandons). Enfin plus de tours, ni de grandes artères, on perçoit l’horizon bordé par les collines environnantes, on respire !
Fondé au XVIème siècle, dans ce qui est devenu le parc national "Serra da Bocaina", ce petit port conserve, dans son centre historique, une architecture des plus harmonieuses de l’époque coloniale.
Les échanges commerciaux étaient ici importants aux XVII et XVIIIème siècles et ont fait la richesse du lieu. L’or provenant des mines de l’état de Minas Gerais y était acheminé et embarqué sur les bateaux à destination de Rio de Janeiro. L’on y exportait aussi le café de la vallée du rio Paraíba. Avec la construction d’un chemin de fer entre Río de Janeiro et São Paulo à la fin du XIXème, le port tombe en désuétude et la ville dans la léthargie et l’oubli.
Aujourd’hui, Paraty revit grâce au tourisme, d’autant que sa baie abrite de magnifiques plages de sable fin aux eaux limpides et chaudes.
Nous parcourons tranquillement de bon matin ses ruelles pavées…
Et nous découvrons, entre autres, sur des façades, des symboles de la franc-maçonnerie qui influença l’architecture de la ville lors de sa restructuration au XVIIIème siècle.
Devant une de ses vieilles maisons fraîchement restaurée, une femme nous aborde en colère : «É uma vergonha, aqui, nossos filhos não são dos ladrões». ("C’est une honte, nos enfants ici ne sont pas des voleurs !"). Et elle nous montre la ligne électrifiée sur le mur et deux caméras de vidéosurveillance. Elle n’a pas vraiment tort : jusqu’où va se ficher la peur ! Le propriétaire craint peut-être les descendants des pirates d’hier qui pullulaient dans la région…
On ne veut plus partir ! Mais bon, le devoir nous appelle...
En continuant vers Rio de Janeiro, nous nous offrons une petite halte sur une plage que nous découvrons par hasard, fréquentée par les locaux et où nous dégustons, dans une paillote, une fricassée de crevettes arrosée de citron vert...
Puis nous piquons une tête dans ces eaux paradisiaques avant de reprendre notre route vers Rio.
Estação das Docas (19 mai 2006)
En 2001, nous avions découvert ce lieu qui nous avait emballé : trois anciens docks du port de Belém réhabilités avec grand élégance, aménagés en restaurants et bars.
Il est depuis devenu un lieu prisé des habitants de Belém et des touristes. L’un des trois docks est aménagé en lieu d’expositions temporaires d’artistiques ou d’artisans, voire loué à des entreprises pour des manifestations. Et il dispose d’une très belle salle de spectacles de 500 places. C’est là que Jean-Yves, le directeur de l’Alliance française de Belém, a prévu d’organiser la projection de notre film, la salle lui étant offerte gracieusement par la société gestionnaire du lieu.
D’abord enthousiasmés par l’idée, nous lui avons demandé tout de même avant hier combien il imaginait accueillir de spectateurs… «En général, pour nos manifestations, une cinquantaine est un bon score…». C’est bien ce que l’on craignait ! Et c’est bien ce qui est arrivé !! Objectif atteint : 50 spectateurs… perdus dans la grande salle. On les a regroupés un peu !
Ne gâchons pas notre plaisir. La projection sur le grand écran de la salle était superbe et le débat ensuite un des plus riches de la tournée…
A boire et à manger (Belém, 31 août 2006)
Depuis plus d’un mois que nous sommes coincés ici, nous avons écumé tous les endroits où il est possible de manger quelque chose dans le coin. Voici nos deux cantines préférées :
Le "Bom Paladar" (que l’on peut traduire par "Au bon goût") est installé dans le séjour et le garage d’une maison particulière. Des fois, ils retirent la voiture pour ajouter une table ou deux, mais les clients n’aiment pas trop le soleil !
Un vieux tonneau a été bricolé en barbecue, et la viande, le poulet ou le poisson grillé est accompagné de ce qui se mange partout au Brésil : le riz avec haricots noirs et "farofa" (une farine de manioc que l’on saupoudre sur l’assiette et qui apporte les mêmes glucides que le pain). C’est souvent complété de spaghettis, mais bon, y’a des limites !!!
C’est pas vraiment léger, mais vraiment bon : la preuve !
Notre autre repaire, c’est l’Alvorada ("l’aube", en portugais : pas la robe blanche des ecclésiastiques, mais le moment où commencent à poindre les premières lueurs du soleil…). Il faudra que l’on pense à demander à Durbem pourquoi il a appelé son restaurant comme ça : il ouvre à midi en semaine et les jeudi, vendredi et samedi soir, au plus tard jusqu’à 22 heures… Quand il n’a pas une rage de dents ou mal à la tête…
Durbem, c’est le patron, et nous allons chez lui avec un vrai plaisir. Il est sympa comme tout et sa spécialité, le "Fuxico do Alvorada", est un mélange de crevettes, viande de bœuf, poulet et saucisses. C’est pas cher et en plus un régal.
Le téléviseur diffuse les infos à midi (la télé dans les restaus est une maladie sud-américaine) et le soir, plus séduisant, des concerts d’artistes brésiliens : davantage de "MPB" ("Musique Populaire Brésilienne", cela dit de la plutôt bonne variété) que de Samba ou Bossa Nova. On se demande d’ailleurs depuis quatre mois si ces deux dernières ne sont pas surtout entretenues pour les touristes… comme le tango à Buenos-Aires ou la bourrée en Auvergne (c’est une image !).
Nous avons goûté ici de multiples spécialités. Et avec plaisir, car la gastronomie du Pará est réputée. Y compris quand on ne sait même pas ce que l’on mange : tous les voyageurs connaissent ce moment déconcertant (et assez excitant !) de devoir commander un plat sans rien comprendre aux noms et ingrédients dont il est composé ! Heureusement, nous avons pu avoir quelques explications. Exemples :
- le "Maniçoba", de la viande et de la maniva (feuille de manioc cuite pendant plus de cinq jours), servis sur du riz et des haricots noirs. Ah oui, la feuille de manioc cuit si longtemps car sinon, elle est toxique : elle contient un acide qui est un poison très violent ! «Je préfère bien cuit, s’il vous plait !»,
- le "Vatapá", un plat de crevettes frites avec oignons et tomates, cuisiné dans un lait de coco épaissi avec de la farine,
- le "Pato no Tucupi", canard rôti assaisonné à l’ail et cuit dans un suc de couleur jaune, amer, extrait de la racine de manioc, accompagné de "jambun", un légume local de la famille du cresson… Celui-là, on ne l’a pas encore goûté. Il n’est servi que dans des restaurants plutôt chics, on se réserve ça pour notre dernier repas à Belém…
Et avec ça, que buvez-vous ?
Nous, pas des trucs sucrés ! Parce que l’épidémie de colas et sodas, sous la pression yankee (!), affecte le Brésil comme toute l’Amérique du Sud, fabricant une partie non négligeable de la population plutôt replète. Cela dit, les brésiliens résistent plutôt mieux que leurs voisins : ils boivent encore des jus extraits de tous leurs produits exotiques. Nous en avons essayé quelques uns, en particulier au petit déjeuner : entre autres, le jus de noix de cajou, surprenant et plutôt bon !
Sinon, c’est la bière qui domine largement. Le vin d'ici est encore soit mauvais, soit cher : ils progressent doucement, loin derrière l’Argentine et le Chili.
Heureusement, il reste la Caipirinha. Pourquoi vous le préciser, il vous suffit de regarder les photos de nos tables ci-dessus !!!